Témoignage d'un jeune élève
Jérémie a commencé en février 2007, il avait 22 ans. Il a souhaité m'envoyer et partager son témoignage sur son parcours jusqu'ici (janvier 2011). C'était un jeune homme au premier abord tout à fait normal, avec un petit côté rebelle, caractérisé par le port de dreadlocks. Bien qu'il parle beaucoup de sa souffrance dans son témoignage, ce n'était pas quelque chose que les gens pouvaient voir au premier abord, il n'était pas en dépression ni suivi par un psy.
Cela fait 4 ans que j’ai commencé ce travail avec Valérie. J’ai connu des hauts et des bas tout au long de ce parcours, toutes les étapes n’ont pas été forcément agréables, surtout au début, mais j’allais suffisamment mal pour être très motivé pour ce travail. Aujourd’hui, je vais bien et je suis bien dans ma vie. La différence est si énorme que j’ai l’impression que c’est de quelqu’un d’autre dont je vais vous parler.
De l’extérieur, j’étais un étudiant de 22 ans en 4ème année d’écologie à la fac et je m’en sortais bien. J’avais un look « cool », avec des dreadlocks et des vêtements larges, un appartement, des amis, une petite amie et des parents divorcés que je voyais régulièrement chacun. De l’extérieur, on ne devait sans doute pas voir la souffrance que je vivais car je la cachais aux autres, mais de l’intérieur, je ne m’en rendais pas trop compte non plus, tant j’avais enfoui de choses.
Je me rappelle que j’étais tellement pris dans mes souffrances et mes angoisses que j’avais l’impression d’être englué dans les évènements, de ne pas avoir de prise sur le cours des choses, de subir, de manquer de temps et de force pour tout… J’étais terriblement angoissé dans mes relations avec les autres, j’avais très souvent une boule douloureuse au plexus, parfois j’en avais même la respiration bloquée, mais j’en étais à peine conscient tellement c’était habituel. J’avais peur de mal faire, d’être mal jugé, de ne pas être aimé, d’être rejeté, de me retrouver seul.
L’origine de tout ça est complexe. Je dirais que je me suis progressivement laissé écraser par l’éducation parentale, scolaire et sociétale, par la violence des autres à l’école et au collège, par leurs jugements et par les évènements du quotidien. J’ai « contracté » (à la façon d’une maladie) des tas de peurs et de croyances à propos de tout en général et de moi en particulier. J’avais notamment une très mauvaise image de moi.
Je refusais de voir ma souffrance car c’était trop douloureux, alors je m’étais bâti le rôle du « mec cool », qui va toujours bien, qui prend toujours bien les choses. C’était ma façon de chercher à plaire aux autres. Peu importe ce qui m’arrivait (être maltraité, être cocu…), je m’interdisais toutes les émotions que je trouvais négatives : tristesse, colère, jalousie… Avec ce rôle de « tout va bien », je mentais aux autres sur ce que je ressentais réellement, mais je me mentais surtout à moi-même.
En réaction inconsciente à ma souffrance, je percevais le monde comme injuste, je voulais le changer, réparer les injustices, sauver tous ceux qui souffraient et sauver l’environnement dégradé. J’étais devenu une sorte d’intégriste socio-écologiste moralisateur, sans doute très pénible pour mes proches mais surtout invivable pour moi-même. Je m’interdisais de faire des tas de choses que j’estimais avoir trop d’impact sur l’environnement ou être du gaspillage (je me lavais très peu le corps et les vêtements, je sentais donc mauvais, je chauffais le moins possible mon appartement, j’avais donc froid). Valait-il mieux gaspiller une feuille de sopalin pour essuyer la table ou bien gaspiller de l’eau en utilisant une éponge ? Vivre était devenu un casse-tête permanent pour trouver les façons de faire les moins polluantes, les moins gaspillantes… De plus, j’éprouvais beaucoup de culpabilité à faire des choses comme gaspiller du carburant en utilisant ma voiture. Autant dire que je jugeais très durement tous ceux qui avaient de grosses voitures gourmandes en carburant.
Tout cela était étouffant, alors j’ai cherché un refuge dans l’ésotérisme. J’ai lu beaucoup de livres plus ou moins farfelus et j’ai cru sans discernement tout ce que j’y trouvais. Je voulais croire qu’une autre dimension existait, merveilleuse mais invisible, où je serais plus heureux et trouverais des solutions à tous mes problèmes. Tout ce monde était auréolé de mystère, de secret, et j’aimais ça car je croyais être spécial et faire parti des Elus qui apporteraient la Lumière sur ce monde (j’aimais bien les majuscules, ça me donnait le sentiment d’être important et spécial). Je considérais avec orgueil et mépris les autres et leurs problèmes « bassement matériels » (argent, logement, travail…). Je me croyais au-dessus de ça, je me croyais mieux qu’eux, mais en fait, c’était juste un moyen pour moi d’avoir une meilleure image de moi-même. Je ne voyais pas que tout ça ne faisait que davantage m’alourdir et rendre ma vie encore plus invivable.
Il fallait par exemple que je veille en permanence à l’équilibre de mes chakras et de mon aura, que je porte des pierres de protection, que j’adresse des prières à mes esprits protecteurs, etc. Le problème dans la croyance qu’il faut se protéger, c’est qu’on croit forcément qu’il existe un danger. Dans ce délire spirituel, le danger était évidemment invisible et mystérieux (les mauvais esprits). Il est difficile de rendre vraiment compte du monde mystique dans lequel je vivais, mais pour moi, tout ce qui se passait avait une cause « spirituelle » et invisible, et tous les problèmes pouvaient être solutionnés d’une façon spirituelle… J’expliquais mes échecs à résoudre mes problèmes par un manque de connaissances ésotériques, ce qui me poussait encore plus loin dans mes recherches. Ma quête était donc de « devenir un chaman » (ou plutôt l’idée que je me faisais d’un chaman). Quand j’y repense, j’étais dans un délire carrément schizophrène et limite parano.
Mes angoisses dans les relations avec les autres et le sentiment d’être étouffé par la société étaient tels qu’au lycée j’ai commencé à fumer du cannabis pour m’échapper. A la fac, j’ai consommé de grandes quantités d’alcool plusieurs fois par semaine, la joie et la désinhibition me donnaient le sentiment de pouvoir enfin respirer, être spontané, m’amuser. Je suis allé en rave party tous les week-ends pendant 3 ans et je me suis beaucoup drogué : je fuyais l’enfer que je vivais et j’accédais dans mes « trips hallucinogènes » au monde ésotérique et extraordinaire dont je rêvais. C’était aussi une façon de contester la société et l’autorité morale et policière (ou plutôt l’image que je m’en avais).
Mais je me maltraitais, je m’autodétruisais et c’est allé de pire en pire : le cannabis me provoquait des crises d’angoisse, l’alcool des trous noirs systématiques de plusieurs heures et le LSD de très mauvais trips… Au 1er janvier 2007, j’ai décrété que ça ne pouvait plus continuer, que je devais arrêter de me défoncer et que je voulais rencontrer un « maître chaman » pour m’aider à aller mieux. 10 jours après, un ami me transmettait un mail présentant le prochain stage de chamanisme débutant de Valérie. J’ai eu l’intuition évidente que c’était là que je devais aller et je me suis inscrit aussitôt.Ce stage a été un peu rude pour moi, notamment l’inventaire de mes croyances puisque j’avais jusque là refusé de voir que j’allais très mal. Pour moi, j’étais toujours le gars qui allait bien et qui était plus évolué que les autres. Ce stage s’est révélé très efficace car, aidé d’un bon coup de pouce de Valérie, le fait de voir l’enfer de mes croyances m’a permis de me débarrasser rapidement de beaucoup de celles qui me rendaient la vie impossible (ésotérisme, militantisme écologique, vision enfantine de moi-même…). De plus, entendre que le bonheur était accessible en quelques années m’a donné beaucoup d’espoir, moi qui croyais qu’il allait me falloir des milliers de vies avant de vivre heureux…
6 mois après, la retraite d’été 2007 m’a permis de poursuivre ce débroussaillage et d’accomplir ce que j’ai ressenti comme un premier grand changement. J’ai coupé les fameuses dreads auxquelles je m’identifiais tant (je me demandais ce qu’il allait rester de moi sans elles) et évacué une partie de mon bordel intérieur au cours d’une sorte de rituel de renaissance (ce genre de chose me parlait bien à l’époque). Ca m’a redonné confiance dans ma capacité à transformer mon programme. A partir de là, je suis rentré dans une phase « guerrier » (en guerre contre ce qui causait ma souffrance) et j’ai enchaîné beaucoup de stages : 1 par mois pendant un an et demi, avec une pause de 5 mois où je suis parti à l’étranger. J’avais la volonté de tout traquer et d’être le plus transparent possible. J’écrivais très souvent à Valérie pour faire le point sur mes traques et lui demander conseil. J’avais confiance en elle pour me guider dans cette transformation. Son encadrement bienveillant me rassurait beaucoup, comme un garde-fou, et était déterminant pour trouver le courage d’accomplir ce chemin. Je me sentais également porté par la dynamique du groupe d’élèves qui avaient commencé en même temps que moi et que je voyais régulièrement en stage et au dehors. Ce cadre sécurisé m’a aidé à avancer dans l’inconnu des changements intérieurs, à traverser les moments où je me sentais déstabilisé, paumé ou en lessive, à y voir progressivement plus clair dans ce que je vivais et ressentais, à assimiler les prises de conscience, à regarder en face les blessures que je découvrais en moi et à prendre des décisions concrètes pour changer ma vie.
L’attitude de « guerrier » m’a permis de prendre conscience de beaucoup de choses sur le fonctionnement de mon programme. J’ai vu que je ne m’aimais pas, que je me jugeais durement selon une longue liste de critères, que je jugeais durement les autres avec les mêmes critères et que je croyais que les autres me jugeaient aussi selon mes critères. J’ai vu qu’à chaque fois que j’avais peur que les autres me jugent d’une certaine façon (« nul » ou « faible » par exemple), c’est qu’au fond de moi je croyais l’être.
Parallèlement à ces prises de conscience, j’acquérais des outils de transformation (voyage, récapitulation, méditation de compassion, soin mental, reiki sur le passé, sur situation) et j’étais très motivé pour les utiliser et me débarrasser de tout ça. J’ai fait beaucoup de soins mentaux, c’est un outil très puissant. Au début, l’affirmation « je m’aime tel que je suis » me donnait très mal au crâne (ça allait à l’encontre de ce que je croyais) et mal au cœur (ça réveillait mes blessures).
Au début, cette attitude de « guerrier » m’a permis d’avancer rapidement, mais au bout d’un moment, elle est devenue problématique car un peu trop extrême. Je n’avais jamais de repos (les moments de libres étaient systématiquement consacrés à du reiki), je scrutais à la loupe le moindre de mes comportements pour y déceler mon programme, je cherchais à vivre des choses extraordinaires, à réaliser des prouesses et à me valoriser en faisant des traques intenses, en débusquant des grosses croyances, en faisant des voyages héroïques, en racontant mes exploits sur le forum… Le développement personnel était détourné de son but premier : être bien. Il m’a donc fallu me calmer, instaurer plus de paix et de simplicité dans ma façon de vivre ma vie.
Progressivement, j’ai eu de moins en moins d’opinions sur moi, les gens, les choses, la vie… J’ai eu moins de points de vue, de positions ou d’images à défendre. C’est devenu plus paisible en moi. Cependant, je voulais « convertir » les gens au développement personnel façon Valérie Tardy, c’était pour moi la seule et unique bonne façon de faire. Je vivais ça un peu comme une croisade et quiconque avait un avis différent était forcément un ignorant qui devait être éduqué pour être sauvé. Il m’a bien évidemment fallu redescendre sur terre et accepter que les gens ne soient pas comme je voulais qu’ils soient (en particulier les gens de ma famille) et que ce qui était bon pour moi ne l’était pas forcément pour les autres.Le séminaire de guérison de mars 2009 m’a permis de voir à quel point je jouais encore un rôle dans ma vie : le rôle du mec qui va bien et qui s’entend bien avec tout le monde (une version atténuée du mec cool). J’affichais un masque souriant pour que tout reste bien lisse, pour ne pas faire de vague, je ne savais pas dire quand je n’allais pas bien ni quand quelqu’un faisait quelque chose qui me dérangeait. En réalité, je voulais que les autres m’aiment parce que je ne m’aimais pas beaucoup moi-même (même s’il y avait du mieux depuis 2 ans).
Cette prise de conscience a été un choc assez rude. Le rôle s’écroulait et je ne savais plus trop qui j’étais ni comment faire pour être moi. J’abandonnais un mode de fonctionnement ancien et je perdais mes repères. J’étais paumé et angoissé. Ca a duré un mois. Les choses se sont mises en place progressivement. Ca ne veut plus dire que je ne jouais plus aucun rôle, simplement que j’en jouais beaucoup moins, que j’étais beaucoup plus en contact avec ce que je ressentais vraiment. Je me suis autorisé à ressentir de nouveau les émotions que je trouvais négatives.
J’ai aussi abandonné définitivement mon envie de devenir un grand chamane quand j’ai réalisé combien c’était une quête illusoire qui présentait de nombreux inconvénients pour moi et pour les autres. L’idée que j’avais d’un « chamane » ne correspondait à rien de réel et ce n’était que façon de chercher à me valoriser.
Le séminaire de juillet 2009, m’a permis d’expérimenter la fonction de chef de groupe. Cela m’a fait voir que je manquais beaucoup de confiance en moi pour sentir les choses, pour mener un groupe, pour prendre des décisions et pour aider les autres. J’ai vu que je me jugeais très durement de tout ça et que je sombrais dans un mécanisme de victimisation du type « pauvre de moi, la vie est si dure ». La conséquence de ce séminaire et du soin que j’y ai reçu a été davantage de confiance en moi, qui s’est installée progressivement, et le séminaire d’octobre, où j’ai occupé la même fonction, a encore renforcé cela.
Lors d’un soin en mars 2010, j’ai pu évacuer toute la souffrance que j’avais vécue dans mon enfance et mon adolescence, souffrance causée par des situations de moquerie, de rejet et de violence par mes parents et par les autres enfants à l’école et au collège. Pour que ce processus de guérison profonde ait lieu, il était nécessaire que je reconnaisse l’existence de ma souffrance ainsi que son ampleur, et que les gens qui participaient au soin soient bienveillants et m’aident à guérir ces blessures. C’était l’aboutissement d’un processus démarré au séminaire de mars 2009, un an auparavant, et ça m’a libéré d’une grande partie de ma peur des autres, des groupes, de leurs possibles jugements et violences. Avant j’allais toujours à reculons faire des activités de groupe, encore plus avec des inconnus, j’avais très peur que les gens soient hostiles avec moi, je souhaitais toujours qu’il y ait quelque chose qui m’empêche d’y aller, un imprévu, un empêchement, une obligation, si possible indépendante de ma volonté (l’alibi était meilleur). Maintenant, je suis à l’aise dans un groupe, même parmi des inconnus.
Vers la fin du soin, un rire est venu du fond de moi-même, la joie de m’être libéré de ce fardeau si longtemps porté… Mais ce n’était qu’une étape, une victoire, aucunement une arrivée. Il n’y a pas d’arrivée, il y aura toujours des occasions de progresser, d’abandonner un conditionnement et de s’ouvrir encore plus.
Je ne perds pas de vue que j’ai toujours un programme qui peut parfois être très actif. Les émotions face à ce que je vis et les stages faits récemment (« Réalité », « Sortir du stress » ou « Cham 1A » et « Reiki 1 » en tant qu’assistant) me montrent ce qui reste encore à travailler. Je traîne encore certaines croyances anciennes à mon sujet (je crois que je suis nul, faible, mauvais) et ça provoque parfois des mécanismes d’orgueil (besoin de se sentir mieux que les autres pour cacher le fait que je me crois mauvais) ou de victime (sentiment d’insécurité face à certains élèves dans le collège où je travaille, stress avant certains de mes cours de biologie, colère quand on me fait des reproches, envie de me replier sur moi et qu’on me plaigne), mais cela a de moins en moins d’emprise sur moi. J’ai réalisé que j’étais responsable de ce que je ressentais et j’ai décrété que je ne voulais plus me laisser engloutir dans ces mécanismes. Ca ne veut pas dire que ça n’arrive plus, mais j’arrive facilement à court-circuiter ces mécanismes.Depuis février 2009, je vis une nouvelle relation de couple avec une personne que j’ai rencontrée dans les stages de Valérie. C’est certainement l’un des plus grands bienfaits que m’ait apporté cette démarche de développement personnel.
6 mois avant le début de notre relation, au stage Perception, chacun de nous avait fait un travail pour voir quelles pourraient être les caractéristiques de quelqu’un qui lui correspondrait parfaitement. A cette époque, nos programmes nous empêchaient de voir que cette personne était dans la pièce. Sans ce travail sur nous, nous n’aurions pas pu vivre cette relation.
Aujourd’hui, nous sommes vraiment compatibles pour vivre ensemble et pour construire une relation douce, heureuse et pleine d’amour. Je n’aurais jamais cru ça possible avant, surtout au vu des relations pleines de drames, de maltraitances et d’incompréhensions que j’avais vécues avec des personnes qui ne convenaient pas vraiment… J’y avais « contracté » de nombreuses croyances négatives sur l’amour (ça fait forcément souffrir), sur le couple (ça emprisonne) et des complexes par rapport à mon corps et à ma sexualité (je ne suis pas viril). Or, la relation que nous vivons aujourd’hui est saine et épanouissante. Elle est basée sur le respect de l’autre, la sincérité, l’écoute et l’entraide. Nous avons une volonté commune de nous comprendre le mieux possible, de nous remettre en question quand nous avons des difficultés dans notre couple et de nous réconcilier rapidement en cas de disputes (de plus en plus rares). Nous ne voulons plus sombrer dans ce genre de drames qui pourrissent les journées, comme dans nos relations passées. Sans ce travail de développement personnel, il est clair que le bonheur n’aurait pas été possible dans notre relation.
A travers mes comportements avec ma compagne, beaucoup d’aspects de mon programme ont été mis en évidence (croyances et blessures). J’ai découvert à quel point j’étais égocentrique. Je vivais pour moi, dans ma bulle, l’autre n’existant pas vraiment ou seulement pour ce qu’il pouvait me donner. Faire quelque chose pour l’autre était vécu comme une contrainte ou un effort à fournir. Je ne prenais pas en compte son avis, ses goûts, ses souffrances, ni les conséquences que mes actes pouvaient avoir sur elle. Comme me l’avait dit Valérie, on n’apprend pas un nouveau comportement à la demande (ce n’est pas du dressage), ça change seulement quand on change les croyances qui sont la source de l'égocentrisme. Ca a été difficile de sortir de mon petit monde, mais j’ai traqué et transformé.
J’ai appris à donner, à écouter et à accueillir l’autre. J’ai appris ce que veut vraiment dire « être ensemble ». J’ai appris à exprimer ce que je ressentais, ce que je pensais, ce que je voulais et ne voulais pas. J’ai appris à me positionner, là où avant je préférais me faire tout petit et m’en remettre à l’avis de l’autre, de peur d’avoir un avis différent, de déplaire à l’autre, d’être en conflit, de ne plus être aimé. Mes blessures d’enfance étaient encore douloureuses et cette relation m’a poussé à les guérir et à les dépasser. En guérissant ce côté enfant en moi, je suis devenu pleinement adulte, j’ai pris ma place dans la relation, aux côtés de ma compagne.Aujourd’hui, j’ai le sentiment que la vie est très riche et que les situations qu’elle peut proposer sont infinies. J’ai envie de l’explorer avec ma compagne et je me sens capable d’expérimenter différents loisirs et métiers, d’avoir des enfants, etc. J’ai d’ailleurs récupéré ma capacité à faire des activités de groupe ou devant un public, à écrire, à dessiner, à modeler, à danser… Autant de choses auxquelles j’avais renoncé par peur, par croyance que je n’en étais pas capable ou que ce n’était pas pour moi.
Je sais beaucoup plus ce que je veux et ce que je ne veux pas. Il y a quelques années ou même quelques mois, j’étais incapable de voir que l’enseignement était une activité qui me convenait bien (même si en terminale je disais que je voulais être prof de biologie), beaucoup plus que le domaine de la recherche scientifique dans lequel je m’engageais et qui, pour moi, était surtout vécu comme un moyen de briller intellectuellement pour être admiré (merci aux stages « Perception du monde » et « Trouver sa voie »).
J’aurais été incapable d’être professeur dans un collège, je n’aurais pas supporté les contraintes imposées par le cadre de l’Education Nationale ni la hiérarchie. De même, j’aurais eu beaucoup trop peur de toute cette foule d’élèves que j’aurais perçue comme hostile, je n’aurais pas pu être autoritaire car j’aurais eu peur de la confrontation, j’aurais voulu être « cool » pour être aimé des élèves. Aujourd’hui, je découvre ce métier et je me découvre à travers lui, à travers la diversité des relations humaines et des situations qu’il m’amène à vivre.
Je prépare actuellement le concours de professeur des écoles, je sens que c’est ce qu’il me convient de faire. Je me sens déjà très bien dans l’éducation : j’aime les relations humaines, j’aime transmettre et j’aime la créativité dont je dois faire preuve pour créer mes cours. Et je sens que ça va continuer, même si je ne sais pas si j’exercerai ce métier pendant 20 ans ou seulement 2, avant de m’orienter vers une autre forme d’enseignement ou une toute autre activité. Et peu importe d’ailleurs, le plus important pour moi étant de me sentir bien dans ce que je vis aujourd’hui.
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